La promesse de Sam Altman qui tombe à l’eau…
Il y a deux ans, Sam Altman l’avait affirmé : “La publicité sera le dernier recours.” Pourtant, face aux investissements importants liés à l’infrastructure et à la pression de la rentabilité, OpenAI semble avoir changé de cap. Avec 900 millions d’utilisateurs et un chiffre d’affaires atteignant 20 milliards de dollars pour OpenIA, la plateforme ne peut plus se permettre de conserver uniquement des modèles gratuits et sans publicité.
Résultat : la publicité va faire son entrée dans ChatGPT
À partir de février, les versions gratuites et Go de ChatGPT aux États-Unis (pour l’instant) intégreront des publicités. Les abonnements Pro et Enterprise, eux, resteront exempts de toute publicité.
Pourquoi un changement de stratégie ?
Sur son blog officiel, OpenAI affirme que l’intégration de la publicité vise à rendre l’IA accessible pour un plus grand nombre d’utilisateurs, tout en conservant une expérience de qualité.
Selon l’entreprise :
- Les publicités ne vont pas influencer les réponses fournies par ChatGPT.
- Les conversations ne seront pas vendues aux annonceurs.
- Les utilisateurs auront la possibilité de contrôler la personnalisation des annonces (ou même la désactiver).
- Les abonnements payants resteront sans publicité (Plus, Pro, Business, Enterprise).
OpenAI souligne un point essentiel : l’objectif est de concilier la publicité avec l’accessibilité, et non de maximiser le temps passé sur la plateforme ou les revenus publicitaires :
1️⃣ Réduire les obstacles financiers
L’accès à l’outil sera financé par les publicités, sans obliger chaque utilisateur à souscrire à un abonnement coûteux, permettant à plus de personnes d’accéder aux fonctionnalités avancées de ChatGPT.
2️⃣ Soutenir les petites entreprises
OpenAI affirme que les annonces peuvent aider les petites marques émergentes à se faire connaître et à concurrencer de plus grands acteurs.
3️⃣ Conserver la confiance des utilisateurs
Le modèle publicitaire sera conçu pour être discret, pertinent et séparé des réponses principales, dans le but de maintenir la fiabilité du service.
Comment ces publicités vont-elle apparaître ?
Selon OpenAI, les premiers formats testés ressembleront à ceci :
- Des annonces clairement identifiées, séparées des réponses générées.
- Elles s’afficheront en bas des réponses lorsque le contexte s’y prête (suggestions de produits ou services liés à la requête).
- Les publicités ne seront pas affichées pour les utilisateurs de moins de 18 ans, ni autour de sujets sensibles comme la santé ou la politique.
- Pour affiner le système, les utilisateurs pourront masquer une annonce et donner leur avis.
Source : https://openai.com/fr
Une nouvelle ère : du GEO vers le GEA ?
L’intégration de liens sponsorisés directement dans les prompts pourrait bouleverser le paysage du marketing digital tel que nous le connaissons.
ChatGPT se transforme en régie publicitaire à part entière et se positionne comme un concurrent potentiel de Google Ads, offrant aux marques un nouveau canal pour atteindre les utilisateurs.
Cette évolution oblige les entreprises à repenser leur stratégie : continuer à investir dans la visibilité organique via le SEO ou se tourner vers des formats payants intégrés aux réponses générées par l’IA, appelés LLM Ads.
À l’avenir, cette transition pourrait mener une nouvelle ère du marketing en ligne : le GEA (Generative Engine Ads), dans lequel les publicités seront créées et adaptées par les modèles d’IA eux‑mêmes.
Cependant, de nombreuses questions restent en suspens, notamment sur l’équilibre entre la publicité et la neutralité des réponses, ainsi que sur l’évolution de ces formats avec le temps.
Une annonce qui fait réagir !
Cette annonce a suscité diverses réactions :
👉 Certains saluent la nécessité de financer l’IA sans restreindre l’accès.
👉 D’autres craignent que la publicité ne devienne de plus en plus visible avec le temps.
👉 Pour beaucoup, la protection de la neutralité des réponses est la condition nécessaire pour accepter la publicité.
Et pour les annonceurs et les agences ?
L’arrivée des LLM Ads pourrait profondément transformer le travail des agences et des annonceurs. Pour l’instant, ce format est uniquement disponible aux États‑Unis, ce qui peut rassurer les annonceurs français. Pour le moment, aucune date de lancement en France n’a encore été annoncée.
Les stratégies traditionnelles, comme le SEO ou les campagnes display, devront désormais composer avec ce nouveau canal conversationnel. Pour les annonceurs, cela implique de nouveaux choix stratégiques : tester ce format innovant et plus ciblé, ou rester sur les formats classiques. Il est encore trop tôt pour juger de sa pertinence ou de son taux de conversion, mais il représente un levier supplémentaire pour diversifier l’acquisition, à condition de disposer de solutions de tracking adaptées pour analyser correctement les conversions.
Pour les agences, les LLM Ads constituent une nouvelle régie publicitaire à intégrer dans leurs stratégies clients. On peut imaginer que son fonctionnement sera proche des plateformes habituelles, mais il faudra attendre le déploiement en France pour connaître les critères de ciblage proposés et évaluer le potentiel de ce nouveau canal.
Vous l’aurez compris, il faudra repenser la visibilité des marques en adaptant les messages et les formats aux conversations contextuelles. De plus, si ce format offre des opportunités inédites de ciblage et d’engagement, il introduit aussi de l’incertitude sur le ROI et les nouvelles règles du marketing conversationnel.
Conclusion : Une étape majeure pour OpenAI ?
D’un côté, l’annonce répond à des pressions économiques bien réelles. De l’autre, elle remet en question cette culture de l’IA gratuite, neutre et sans compromis.
Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un tournant stratégique en phase de test aux USA, l’évolution mérite d’être suivi de près !